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L’entrepreneur social est convaincu qu’il peut améliorer la société tout en faisant de l’argent. Et il a des idées pour y arriver! Quelques questions à se poser pour savoir si l’on est de cette espèce rare.

Il n’est pas simple de déceler les occasions d’affaires dans des problèmes apparemment insolubles, comme le décrochage scolaire ou la dégradation de l’environnement. L’entrepreneur social est suffisamment créatif pour aller à contre-courant des préjugés sur les questions actuelles, et pour trouver des solutions à la fois inédites et pragmatiques. Grâce à son imagination, il arrive à considérer les choses sous un angle différent et à établir des liens entre des idées à première vue diverses, comme la réussite scolaire et la bonne nutrition, ou l’entreprise privée et la réinsertion sociale.

Contrairement à certains organismes caritatifs ou aux programmes gouvernementaux, l’entrepreneur social vise à «changer le système», c’est-à-dire à transformer la dynamique des problèmes de société. Son objectif n’est pas d’améliorer une situation donnée, mais bel et bien de la changer de façon durable. Bref, il est assez ambitieux pour voir grand. Très grand. 
Une idée nouvelle qui vise à changer la société sera nécessairement reçue avec scepticisme. Pour garder le moral, l’entrepreneur social doit être convaincu de la valeur intrinsèque de son projet. En d’autres mots, il est habité par une véritable passion qui lui permet de répondre au négativisme et de trouver des solutions originales aux obstacles qui surgissent.

Les changements sociaux ne surviennent pas du jour au lendemain, surtout lorsqu’ils remettent en question les croyances ou les comportements d’une société. Plus d’un qualifieront l’entrepreneur social de naïf ou d’idéaliste, et le décourageront de continuer. Ce dernier doit donc s’armer de patience pour convaincre tout un chacun – avec le sérieux de son analyse, le côté pratique de son idée et la force de sa passion – que les choses pourraient réellement fonctionner autrement.

Les théories d’un entrepreneur social – celles qui expliquent, par exemple, pourquoi les mères adolescentes finissent rarement leurs études secondaires, ou pourquoi le Québec recycle à peine la moitié de ses déchets - connaîtront peut-être des ratés quand il tentera de les appliquer. Pour gagner son pari, il compare donc sans arrêt ses objectifs aux résultats obtenus et raffine son modèle en conséquence. Concrètement, il mesure l’effet de ses actions et s’assure auprès des populations desservies que ses services ou produits répondent bien à leurs besoins.

Ce n’est pas en faisant cavalier seul qu’on arrivera à solutionner le manque de formation des bénéficiaires de l’aide sociale ou le haut taux d’analphabétisme québécois. Les écoles, les associations, les entreprises – et même les analphabètes et les bénéficiaires eux-mêmes – ont des forces à exploiter. L’entrepreneur social doit être capable de les voir et d’en tirer le maximum.

Contrairement à l’entrepreneur classique, celui qui a un objectif social aime que ses innovations soient copiées. Il partage donc facilement ses idées, et fait part aux autres de ses bons coups et de ses contacts. De même, il regarde ce qui se fait ailleurs et s’en inspire, pour éviter de réinventer la roue.

L’entrepreneur social vise gros. Il ne façonne donc pas son projet en fonction des ressources auxquelles il pourra avoir accès; il détermine d’abord ce qui doit être fait, puis s’organise pour trouver ce dont il a besoin.

Fonder une entreprise requiert beaucoup de travail, surtout si celle-ci vise un problème d’importance. L’entrepreneur social doit notamment se documenter sur le domaine qui l’intéresse, définir et raffiner son modèle social, former une équipe, convaincre les gens autour de lui du bien-fondé de ses idées et trouver du financement. Pour relever son défi, il doit être prêt à y mettre l’effort et à ne pas compter ses heures!
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